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Fondation Youssou Ndour

À PROPOS DE YOUSSOU


Ils sont à ce jour quatre à avoir réussi le cross-over de la musique africaine : Myriam Makeba, dans les années 60 ; Manu Dibango au cours de la décennie suivante ; Mory Kanté dans les années 80 ; et Youssou N'Dour à la fin du siècle dernier. Le compte est bon ! Mais la grande différence de You par rapport à ses prédécesseurs, c'est d'avoir accompli sa performance sur le sol de ses ancêtres. Avec cette obstination tranquille qu'on lui connaît, il n'a jamais considéré qu'habiter Dakar serait un obstacle à sa conquête du monde. Bel exemple, et chapeau l'artiste !
Youssou N'dour est né d’une mère griotte, gardienne de traditions. Dès son plus jeune âge, il préfère la musique à ses études. Mais ses parents sont intraitables et désirent le voir réussir. Malgré leur réticence, il intègre une troupe théâtrale a l’âge de onze ans. Deux ans plustard, le véritable déclic se produit a l'occasion de la mort de Papa Samba Diop dit Mba, leader du Star Band de Dakar.  Lors d'un concert de soutien à sa famille à Saint-Louis, le jeune Youssou, de sa voix si particulière, interprète une chanson et ce sera un véritable succès. Après ce premier essai, il finit par convaincre son père de sa vocation et intègre l'Institut des Arts de Dakar. Il y apprend entre autres le solfège. En 75, Youssou N'dour rejoint un nouvel orchestre mais en raison de son jeune âge, c'est son père qui négocie son premier contrat.

Il y reste jusqu'en 79, date à laquelle il monte avec un autre chanteur, le groupe l'Etoile de Dakar. Il démarre en trombe avec le tube "Xalis" (l'argent).  Mais en 81, Youssou quitte le groupe et en reforme un autre, le Super Etoile. Tout lui réussit. Il est l'incontestable n°1 des hit-parades dans le genre mbalax. Comme les griots dont il descend, il chante la vie quotidienne, l'amitié, ou les fêtes religieuses. A l'âge de 24 ans, le jeune homme est déjà un homme d'affaire avisé, à la tête d'une véritable entreprise créatrice d’emplois.  
Si les pays de l'Afrique de l'Ouest accueillent la nouvelle star sénégalaise comme un des leurs, la tournée européenne qui débute en mai 84 semble plus difficile. Elle débute à Paris par l'Africa Fête, un festival culturel Africain.  Quelques mois plus tard, a l’initiative de Manu Dibango,  il  participe au disque "Tam Tam pour l'Ethiopie" pour le soutien à la lutte contre la famine dans ce pays. Le voilà donc sur tous les fronts musicaux ce qui ne peut que contribuer au développement de sa carrière internationale.
Idole au Sénégal devient un véritable ambassadeur de la musique africaine et va défendre ses couleurs jusque de l'autre côté de l'Atlantique, aux Etats-Unis et au Canada. Le succès est au rendez-vous et des journaux comme le magasine américain Time ne tarissent pas d'éloge devant la performance musicale et scénique du "show man".
Au cours d'un véritable périple mondial en 88 avec des stars comme Sting, Peter Gabriel, ou Tracy Chapman, que Youssou N'Dour accède à la cour des grands. Les concerts sont donnés au profit d'Amnesty International. Cette aventure dans laquelle il s'est engagé sans vraiment se rendre compte de l'impact, a métamorphosé son image, de gloire nationale, il devient vedette planétaire.
En 1989, il sort son premier disque pour le marché international. Signé chez Virgin, "The lion" ("Gaindé" en wolof) est accueilli par certains comme  dénaturation de sa musique tandis que d'autres voient dans ce disque les débuts de la fusion africaine.
L’année suivante, "Set" le deuxième album chez Virgin, sort en Octobre. Si dans l'univers de la world music, les échos sont extrêmement favorables, les ventes de disques semblent insuffisantes pour le label Virgin qui en avril 91, décide de ne pas renouveler le contrat de Youssou N'Dour.
A l’ occasion d'un show-hommage à Nelson Mandela à Dakar en 91, l'artiste invite Spike Lee, réalisateur noir-américain qui produira, l’annee suivante,  le nouvel album "Eyes Open » L'année suivante, qu'il marque un grand coup en montant un spectacle véritablement créatif : "Africa Opera" fresque autour de l'identité africaine.
De son propre aveu, Youssou estime que sa musique tarde à s'imposer à l'étranger. Pourtant avec le simple intitulé "Seven Seconds" chanté en duo avec Neneh Cherry mais sans consonance africaine, il se fait plus largement connaître du grand public, amateur généralement de musique anglo-saxonne. Véritable carton commercial à travers le monde (1.500.000 exemplaires vendus), le titre lui permet une percée dans le domaine de la variété internationale.
En 94, le nouvel album "Wommat" (Le Guide), prouve que la star sénégalaise a enfin conquis les marchés extra africains.
Mais l'événement est sans conteste la participation artistique de Youssou N'dour à la Coupe du Monde 98 de football en France. Le titre "la Cour des grands" avec la chanteuse belge Axelle Red comme choriste exceptionnelle, est retenu comme hymne par Michel Platini,
Internationalement reconnu, Youssou N'dour élargit encore son image. Devenu star, chacun de ses disques est attendu avec beaucoup d'intérêt. C'est le cas de "Joko" (From Village to town) qui après de long mois de maturation voit enfin le jour en février 2000. Pour le marché international, Youssou déploie les grands moyens. Sur cet album, il y a Wyclef des Fugees, Peter Gabriel et Sting qui viennent apporter leur contribution en chantant sur un titre chacun. Finalement, la musique du chanteur sénégalais s'apparente à une pop de facture internationale, que celui-ci ne renie d'ailleurs pas du tout.
C'est cette double casquette de chanteur traditionnel et de chanteur international que Youssou N'Dour souhaite mettre en avant lors du Grand Bal qu'il donne à Paris Bercy le 21 octobre 2000.
Février 2001, notre chanteur s'associe au HCR (Haut Commissariat des nations unies pour les Réfugiés) pour enregistrer un album dont les fonds financeront des projets dédiés à l'éducation d'enfants réfugiés. Ensemble, et avec le concours de musiciens dont la vie est marquée par l'exil et le déracinement, ils réalisent "Building Bridges".
En octobre 2002 sort l'album "Nothing's in Vain" qui rend hommage à sa terre sénégalaise et à sa langue natale, le wolof.
Toujours basé dans la capitale sénégalaise, le musicien a besoin de se ressourcer chaque fois qu'il le peut dans son pays d'origine, et de retrouver sa famille et ses amis.

En mars, il doit entreprendre une grande tournée nord-américaine qui est censée le mener dans 38 villes du 26 mars au 15 mai dans 38 villes, mais il  annonce  l'annulation de celle-ci pour des raisons politiques liées à son désaccord avec les Etats-Unis sur la crise irakienne.

Novembre 2003 voit la sortie sur le marché sénégalais d'une cassette intitulée "Sant Allah", composée de morceaux acoustiques, éloignés de son répertoire habituel. Pour cela, il a fait appel à un orchestre égyptien et à l'arrangeur Fati Salama. Musulman soufi, le chanteur sénégalais prouve ainsi son attachement à ses racines, à la tradition spirituelle héritée de sa mère tidiane et de son père mouride, à l’enseignement des grands cheikhs marabout du Sénégal.

Le 22 mai 2004, Youssou N'Dour donne un grand bal à Paris-Bercy avec le Super Etoile. En même temps, sort sur le marché international le disque "Allah-Egypte", la version CD de "Sant Allah". Il joue ce nouveau répertoire au Festival des Musiques sacrées de Fès, au Maroc (28 mai-5 Juin), puis entame une longue tournée américaine.
"Allah Egypte" remporte un grand succès : plus de 400.000 exemplaires vendus sur le marché international.
Le 13 février 2005, Youssou remporte une grande distinction, un Grammy Award pour cet album consacré meilleur album de world music contemporaine de l'année.
En mars de la même année, il co-organise Africa Live, un grand concert contre le paludisme, qui réunit à Dakar plusieurs grands noms de la musique africaine : Parallèlement sort en librairie "Youssou N'Dour, l'enfant de la Médina", une biographie de Michelle Lahana, manager du chanteur.
Durant l'année 2006, Youssou N'Dour se lance dans de nouveaux projets. Il est l'objet d'un documentaire intitulé "Retour à Gorée". Sorte de road movie musical, le film évoque l'esclavage et l'influence des musiques ouest-africaines dans le blues et le jazz américains. Le périple se termine a l’Ile de Gorée, au  Sénégal.
En mars 2007, c'est la sortie de "Amazing Grace", film qui retrace l'histoire de l'abolition de l'esclavage en Angleterre au XVIIIe siècle. Youssou N'Dour joue le rôle d'un ancien esclave d'origine nigériane, devenu poète et écrivain.
A peu près à la même période, au Sénégal, le leader du Super Etoile sort un nouvel album studio de huit titres originaux, "Alsaama Day", "bonjour". Avec ce disque, le musicien dakarois souhaite faire taire les voix qui l'accusent de manquer d'inspiration. Une tournée nationale démarre le 9 juin.
En juillet 2007, Youssou N'Dour présente en ouverture du 41e festival de jazz de Montreux son "Retour à Gorée Jazz Project". Juste avant le concert, il propose une marche de soutien aux victimes du conflit du Darfour. L'initiative est bien suivie.
Juillet 2007

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